Le mariage à tout prix.

Larissa est une jeune femme de 29 ans, elle est Chargée de marketing dans une grande entreprise. Elle est belle et indépendante. Elle n’a rien à envier aux autres filles, elle a tout pour elle. Cependant elle est célibataire et la société et son entourage lui fait comprendre que ce n’est pas normal. La société lui fait croire qu’elle n’est pas une femme accomplie. Ses amies se marient, ses sœurs se marient et ses cousines aussi, malheureusement pas elle. Il ne se passe rien dans sa vie sentimentale. Plus elle y pense, plus elle s’inquiète, elle est désespérée, sa mère lui répète inlassablement qu’elle aimerait la voir marié, mais Larissa n’a aucune piste sérieuse.

La pression sociale devenant trop pesante, Larissa décide de s’inscrire sur un site de rencontre avec l’espoir d’attirer son futur mari. Les résultats ne se font pas attendre Larissa reçoit le premier like, puis le premier message d’un prétendant. Larissa rêve déjà de sa demande en mariage, elle imagine sa bénédiction nuptiale, elle visualise sa robe, son maquillage et le sourire fière de ses parents. Larissa rêve déjà de ce bel inconnu. Arrive le premier rendez-vous, Larissa n’y croit pas, Xavier correspond à l’homme de ses rêves.

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LILLYDOO : mon coup de coeur de maman

Hello ma team,

Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’une marque que j’affectionne particulièrement depuis que je suis maman. Une marque qui m’accompagne au quotidien dans les soins de change de ma fille.

J’ai découvert la marque LILLYDOO sur le réseau social Instagram. À l’époque, je m’en souviens encore, je n’avais pas d’enfant. Je les trouvais jolies, elles changeaient l’image habituelle que j’avais toujours eue des couches. Je me disais que s’il fallait s’occuper du change, un jour, autant que cela se fasse dans la bonne humeur grâce aux jolis designs des couches LILLYDOO.

Quand j’ai appris que j’étais enceinte, je disais à qui voulait bien l’entendre que mon bébé porterait uniquement des couches de la marque LILLYDOO. Je le voyais déjà dans mon imaginaire, gambader à quatre pattes avec de jolies couches.

Au-delà de l’aspect esthétique, la marque LILLYDOO répondait à de réelles préoccupations sanitaires que j’éprouvais à l’égard de la composition des produits pour bébé.

C’est donc sans hésitation aucune que j’ai commandé mon kit d’essai en préparant ma valide pour la maternité.

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Et si je t’emmenais à Brazzaville ?

Brazzaville, c’est la capitale du Congo, petit pays d’Afrique Centrale. C’est la ville dans laquelle j’ai grandi. Quand j’arrive à Brazzaville, je suis à la maison, je retrouve mes habitudes, je suis à l’aise. Vous connaissez ce sentiment, quand vous retrouvez la maison dans laquelle vous avez grandi, tout vous est familier, les odeurs, les traces sur les murs, les petits bruits du quotidien.

Malheureusement, avec le temps, Brazzaville est également devenu, le siège de mes souvenirs les plus douloureux parce que mes deux parents y sont enterrés. Mais cela ne m’empêche pas d’éprouver un réel plaisir de fouler son sol dès que j’en ai l’occasion.

 

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La Basilique Saint-Anne (crédit photo : Google)

 

Le Congo dans sa globalité est un pays dont l’activité touristique est quasi-inexistante. Seules les personnes y ayant vécu pour diverses raisons(professionnelles ou privées) peuvent à ce jour vous raconter les merveilles de ce pays. Mon avis sur cette ville ne sera pas des plus objectifs car, le lien affectif que j’entretiens avec elle, m’empêchera d’être impartiale. Je reste toutefois lucide sur les points positifs et négatifs de cette capitale.

Pour celles et ceux qui suivent mes stories sur Instagram, vous avez certainement eu le plaisir de découvrir certaines images de mon séjour. J’ai eu plusieurs remarques positives toutefois, je tenais à vous écrire mon ressenti, mes vibrations afin de vous donner envie d’y aller. Poursuivre la lecture de « Et si je t’emmenais à Brazzaville ? »

Conversation féminine avec Ghaëlle.

Bonjour Ghaëlle !

 

  1. Pourrais-tu te présenter en quelques mots à mes lectrices ?

Bonjour Marina,

Oui, je m’appelle Ghaëlle Girondin, j’ai 33 ans.   Je suis mariée depuis 6 ans maintenant.

Dans la vie, je suis coach beauté.  Je propose des prestations esthétiques aux femmes ainsi que des accompagnements / ateliers collectifs et individuels pour aider ces dernières à retrouver confiance en elle.

Je suis également fondatrice et présidente  de l’association “FEMME FIERTILE”. Cette association a pour vocation de soutenir toutes les femmes en difficulté et celles souffrant d’Endométriose.

Nous nous sommes appelées FEMME FIERTILE car nous souhaitons que chaque femme , et cela peut importe son histoire comprenne qu’elle est en capacité de produire de bonnes choses si elle le croit et le veut.

Elle doit être FIÈRE de ce qu’elle est et comprendre que sa terre est FERTILE. Il s’agit ainsi d’une promesse positive.

 

2.En quoi crois-tu dans la vie en générale ? Qu’est-ce qui t’inspire au quotidien ?

De manière générale, je crois en la VIE, en l’AMOUR, et en DIEU.

Ce qui m’inspire le plus au quotidien c’est ma Foi. Disons que c’est l’élément déclencheur de toutes choses.

 

3.Je sais que tu organises régulièrement des ateliers pour parler de l’Endométriose. Peux-tu nous expliquer ce que c’est exactement l’Endométriose ? 

 

Tout à fait. L’Endométriose est une maladie chronique gynécologique qui touche 1 femme sur 10, en âge de procréer.

L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Sous l’effet des hormones (œstrogènes), au cours du cycle, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse, et s’il n’y a pas fécondation, il se désagrège et saigne. Ce sont les règles. Chez la femme qui a de l’Endométriose des cellules vont remonter et migrer via les trompes. Le tissu semblable au tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus provoque alors des lésions, des adhérences et des kystes ovariens, (endométriomes) dans les organes colonisés. Cette colonisation, si elle a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine peut fréquemment s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et plus rarement pulmonaire.

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4. Quel est le but précis de ses ateliers ?

Ces ateliers ont pour objectif principal de sortir la femme atteinte d’Endométriose de l’isolement.

De lui permettre de se retrouver avec d’autres femmes qui souffrent de la même pathologie, pour échanger, s’encourager, partager, se réconforter, mais aussi d’en parler aux autres (Sensibilisation).

Mais également de lui permettre, d’être entourée de professionnels compétents, qui connaissent la maladie ; Je précise cela car tous les médecins ne sont pas capables de diagnostiquer et de traiter l’Endometriose.

C’est une maladie qui est assez complexe et qui touche la femme dans toute sa globalité.

Partager avec d’autres femmes qui vivent la même situation permet de déculpabiliser, de se sentir comprise, d’évacuer le stress, la colère et la peur.

C’est donc pour toutes ces raisons que nous faisons ces ateliers et groupes de paroles.

5. Quand, et comment as-tu su que tu en souffrais ? 

C’est un an après mon mariage que j’ai su que j’avais cette maladie.  J’ai toujours eu des douleurs à n’importe quel moment de mon cycle, mais j’ai toujours pensé que c’était normal.

Après mon mariage, j’avais choisi la pilule comme moyen de contraception.

Le premier jour de ma prise, j’ai commencé à ressentir des douleurs atroces qui m’empêchaient de marcher, de dormir et de m’asseoir. J’ai directement contacté ma gynécologue pour savoir si c’était normal, elle m’a rassuré et conseillé de prendre un anti-douleur. J’étais tout de même dubitative et j’ai insisté pour être reçue en rendez-vous. Il s’est avéré que j’avais des kystes et qu’un IRM était nécessaire pour en déterminer l’origine.

Ma gynécologue n’avait tout de même pas hésité à me faire part de ses suspicions concernant l’Endométriose.

Mon IRM va finalement confirmer les suspicions de ma gynécologue.

6. Quel impact l’Endométriose a-t-elle dans ta vie de femme et d’épouse ?

Lorsque j’ai su que j’avais l’Endométriose, ma vie a clairement basculé. Je me suis sentie trahie par mon corps. J’ai développé beaucoup de sentiments négatifs vis à vis de moi. J’avais honte et j’avais l’impression d’être une bonne à rien.

J’ai commencé aussi à avoir peur de l’avenir et à me dévaloriser.

Cette maladie, comme je le dis souvent,  touche toute ta féminité. Tu es totalement déboussolée et perdue.

En plus des pensées négatives, et des douleurs quotidiennes, des crises, je devais aussi gérer les effets secondaires des médicaments.

Je m’étais  renfermée sur moi même, je ne parlais plus avec mon mari.

Je n’en parlais pas avec mon entourage.  Je souffrais en silence.

Les traitements étaient tellement fort que je suis passée par des phases de dépression et j’avais beaucoup d’idées noires.

De plus, j’étais extrêmement fatiguée et je n’arrivais plus à travailler.  Je songeais à me mettre à mi-temps thérapeutique et à faire un dossier à la Maison Départementale des personnes handicapées.

Ma vie de femme en a pris un coup, je me sentais comme une moitié femme, une moitié d’épouse.

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Puis, ma foi, a pris le dessus. J’ai décidé de me battre.

J’ai pu compter sur le soutien de ma meilleure amie et de mon mari. Ils m’ont aidé à évacuer, à mettre des mots sur mes maux.  C’est à partir de ce moment que J’ai décidé de faire tout ce qu’il fallait pour vivre “normalement” avec le moins de douleur possible.

Et c’est également à cet instant que ma vie de femme a pris un autre sens.

Je me suis posée sur ce mot” Femme” et j’ai décidé de lui donner un sens, le sens que je voulais.

“Je suis, ce que je veux être”

J’ai pris la pris le ferme décision de m’imprégner, uniquement, de pensées positives. J’ai également repris possession de mon corps en pratiquant du sport. J’ai appris à prendre soin de moi et à me valoriser.  Je me suis construite une nouvelle routine de vie.  Les douleurs sont toujours présentes, mais j’ai appris à les accepter et à faire différemment.

Croquer ma vie de femme à pleine dent est devenue mon leitmotiv.

J’ai dû avec le temps me détacher de l’image de l’épouse que j’avais en tête, pour me construire la mienne. J’ai appris à cultiver ma singularité.

 

7. Comment gères-tu la pression de l’entourage sur le sujet de la maternité ?

Je gère comme je peux on va dire (rire).

J’ai rapidement compris qu’il fallait que je me détacher de toutes les ondes “négatives” (pensées, propos, discussions,…) et cela peut importe d’où elles venaient.

Si on m’avait donné le choix, je pense que j’aurais déjà eu plusieurs enfants aujourd’hui, sauf que ce n’est pas le cas.

Ce n’est pas une situation que j’ai choisi et de ce fait je refuse de la subir.

Je suis énormément stigmatisée dans ma famille par rapport à cela. Dans les familles africaines, l’infertilité est une honte, comme si la valeur de la femme se limitait à sa capacité à pouvoir enfanter ou pas.

J’ai eu quelques accrochages avec ma mère qui ne supporte pas ma situation. Elle a décidé, de prendre ses distances avec moi.

Je ne vais pas vous mentir, cela a été dur au début. J’ai dû faire un choix : celui de me concentrer sur l’essentiel et non sur toutes ses personnes négatives. Je m’entoure désormais uniquement des personnes qui sont prêtes et disponibles pour me soutenir et m’accompagner dans ce combat.

Je peux dire, aujourd’hui, que ma valeur ne se limite pas à ma capacité à enfanter. Cela serait beaucoup trop réducteur.

Comme je le disais précédemment, je suis moi, unique, avec un chemin différent d’une autre et c’est pas pour autant que le mien est mauvais.

Ceux qui ne peuvent pas comprendre cela, eh bien ! Je dirais que c’est dommage pour eux.

J’avance sans me soucier de ce qui peut être dit sur moi, je pense que ce n’est pas le plus important.

Mine de rien, ce genre d’épreuves te forcent quelque part à t’affirmer et à prendre position.

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8. L’une des choses qui m’a le plus marqué lors de notre rencontre, c’est ta joie de vivre et ton message positif à l’égard des femmes, je suis curieuse et je pense que mes lectrices aussi de savoir comment tu fais ? Où puises-tu ta force ?

((Grand sourire) , dans ma foi, qui me pousse à investir en moi. Toutes ces épreuves ont développé ma combativité, ma persévérance, ma patience et mon Amour.

J’ai beaucoup d’Amour à donner, je lutte contre la stigmatisation, je souhaite que toutes les femmes comprennent qu’elles ont de la valeur et cela peut importe par quoi elles passent.

Les épreuves nous forgent et passer par des difficultés ne veut pas dire que l’on passe par le mauvais chemin. J’ai mis beaucoup de temps à comprendre cela.

J’ai longtemps été brimé que ce soit dans mon enfance, adolescence et en rentrant dans l’âge adulte et j’ai souhaité que les choses changent.

Mon parcours n’est peut être pas celui de mes copines, de mes cousines mais ça ne veut pas dire qu’il est mauvais. Il est différent et il m’est propre. Il est tout aussi bien qu’un autre. Alors j’investis, j’investis du temps pour moi, je fais les choses que j’aime, je vis ma vie à fond. Je profite de chaque chose.

Et surtout je refuse que les difficultés me retirent ma joie de vivre.  Je veux profiter de chaque chose parce qu’au delà des difficultés par lesquelles on passe, j’en vaux la peine.

Et il faut aussi dire que je suis bien entouré, il y a beaucoup de personnes bienveillantes autour de moi. Je suis une femme bénie et je veux en faire profiter toutes les femmes que je rencontre. Je veux être un soutien pour elles, comme mon entourage l’a été pour moi.

9. L’actrice américaine Gabrielle Union, qui a longtemps lutté avec des problèmes de fertilité et qui a pu devenir maman grâce à une mère porteuse a dit ceci, lors d’une interview :  « Tu ne te sens pas complètement femme quand tu ne peux pas porter la vie, ce que toutes les femmes ont le droit d’être : une mère. »

Qu’est-ce que tu en penses ?

Ce qu’elle dit me touche énormément et me rappellent toutes ces pensées que j’entretenais lorsque j’ai su que j’étais atteinte d’Endométriose et que j’ai compris que j’aurais probablement des problèmes pour enfanter.

L’acte le plus important qu’une femme puisse accomplir, à savoir donner la vie, m’avait été retiré.

Et j’ai longtemps entendu cette phrase qui dit :” Une femme devient réellement une femme lorsqu’elle enfante”.

Suite à cela, je me suis sans cesse interrogée sur mon avenir et si je méritait ma place de femme dans la société.

Néanmoins, je peux dire que je suis totalement contre la phrase de Gabrielle Union, je la trouve réductrice et surtout emprunt de tristesse.

Ma valeur de femme ne se définit pas au fait que je puisse porter la vie ou non. Je suis une femme différente d’une autre mais je suis une femme.

Je pense que le sens que l’on donne aux mots est très important, je suis celle que je suis, à savoir une femme pleine de vie, joyeuse et aimante.

Les combats que je mène ne me définissent pas, mais ils me “permettent” d’aiguiser voire d’affûter mon caractère, d’apprendre sur la vie, de grandir et de devenir une meilleure version de moi.

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10. Quel message aurais-tu pour les femmes souffrant également de cette maladie ?

Je leur dirais :” C’est le moment de s’aimer les filles”.

La maladie remet en question notre féminité mais elle ne nous définit pas.

Battez-vous, parce que vous en valez la peine.

Vous êtes avant tout des Femmes, qui certes souffrent d’Endométriose, mais vous êtes des femmes.

Le parcours pour trouver son propre équilibre est certes long et pénible, cependant il n’est pas impossible.

N’hésitez pas à tester autant la médecine allopathique que la médecine douce, vous pourriez être surprise.

Je leur conseillerais aussi d’en parler avec des personnes proches, bienveillantes et surtout empathiques.

Entourez-vous de personnes positives.

Prenez le temps d’évacuer au maximum le stress, la pression, la peur et les pleurs.

N’oubliez pas de prendre soin de votre personne extérieure et intérieure.

Tous les jours ne seront pas roses, il y aura des pleurs, de la douleur, de la colère et aussi de la peur. Mais n’oubliez pas que tout cela est normal.

N’entretenez pas tous ces sentiments négatifs, refusez-les et remplacez-les par des pensées positives.

Ecoutez vous, et écoutez vos corps.

Peu importe par quoi vous passez, vous avez de la valeur.

Ne laissez personne vous dire le contraire.

 

Propos recueillis par Marinette.

 

Pour en savoir plus sur Ghaëlle, vous pouvez consulter son blog.

Ma petite confidence

Pendant que je t’écris ces mots, je suis en plein préparatifs du premier anniversaire de ma fille. Dans le feu de l’action, je n’avais pas pris le temps de faire une rétrospective pour me revoir au cours du mois de mai 2018.

Le 1er mai je sortais de l’hôpital, j’avais été hospitalisé pour risque de pré-éclampsie. En effet, à 25 ans les médecins ont détecté que je souffrais d’une hypertension juvénile. Le corps médical avait été clair sur ce sujet; il me faillait un traitement efficace pour stabiliser cette tension et me permettre de tomber enceinte et d’avoir une grossesse sereine.

Pour revenir à mon récit, le 1er mai 2018 je sortais de l’hôpital avec une épée de Damoclès sur la tête : le 14 mai 2018 mon accouchement allait être déclenché à 37 semaines, mon bébé avait stoppé sa croissance, j’avais des protéines dans les urines et des œdèmes. Cette grossesse ne pouvait plus durer au delà.

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Tu veux savoir si j’étais prête? Comment je me sentais? Je vais te le dire. J’étais pétrifiée de peur. J’attendais mon premier bébé et je n’avais jamais imaginé ce scénario. Je n’avais pas terminé mes cours de préparation à l’accouchement, je me sentais démunie. Je me demandais comment j’allais pousser et si jamais je n’étais pas à la hauteur ? Et si, j’avais mal ? J’étais seule avec mes questions. Je nageais vers l’inconnu. Je marchais à l’aveuglette. Mais je ne pouvais plus reculer, j’avais une date et je devais accoucher de ce bébé, que finalement j’attendais avec impatience.

Finalement, la date du 14 mai 2018 finit par arriver. Je ne sais pas si je dois te raconter ma nuit du 13 au 14 mai, j’hésite (rire). Si je peux résumer cette soirée en un seul mot je dirais : Silence. Mon conjoint et moi on était silencieux, on était stressé, néanmoins cela ne nous a pas empêché de faire une petite prière cette nuit pour nous apaiser et aussi pour tout remettre entre les mains du Très Haut, parce qu’au final nous allons être parent pour la première fois et ça c’était magnifique.

Ma valise était prête depuis belle lurette (je suis une personne très organisée), il ne nous restait plus que l’attente.

Ce lundi 14 mai 2018 à 7h du matin nous étions à l’accueil de là maternité. Tout avait l’air normal, mais pour nous c’était un grand jour, je ne comprenais pas pourquoi toutes ces infirmières et sages-femmes continuaient de parler comme si c’était un jour ordinaire. Je m’attendais à un comportement particulier, c’était un événement pour nous.

À 8h, je suis installée directement dans une salle de travail, je pense que le fait d’être directement dans le vif du sujet a fait retomber la pression. Trente minutes plus tard le processus de déclenchement était posé sur mon col. Le processus était en marche, j’étais en première ligne de mire et il n’ y’a avait plus de recul possible.

 

Mes contractions ont réellement commencé vers 10h, elle étaient légères et supportables. Elles ce sont accentuées progressivement tout au long de la journée pour finir par devenir presque insupportable vers 18h.

Je commençais à avoir sérieusement besoin d’un calmant ou d’une péridurale mais après consultation de ma sage femme, il fallait encore attendre car le travail n’avait pas encore commencé et cela pouvait être très long pour une primipare.

J’ai pris mon mal en patience, j’ai testé toutes les méthodes de soulagement énuméré dans les livres : ballon, douche chaude, massage etc… La douleur était toujours présente et intense. J’étais déboussolée.

À 19h une douleur intense et horrible me déchira alors que j’étais au toilette. J’ai dû ramper pour me rendre dans ma chambre et appeler à l’aide, mon conjoint étant dehors pour téléphoner. L’infirmier arriva et je lui criais dessus pour qu’il fasse venir la sage-femme. Après consultation le travail avait commencé j’étais dilaté à 3 doigts. Les anesthésistes arrivèrent rapidement. On m’installa et à partir de cet instant mon accouchement s’est transformé en 24h chrono.

Un petit récapitulatif si jamais tu t’es perdu dans mon récit. J’ai eu une grossesse à risque suite à ma tension. Mon accouchement a été déclenché. Je suis en salle de travail et mon col se dilate rapidement et bien sûr je suis branché à un appareil pour prendre ma tension pendant l’accouchement. C’est à cet instant que la machine s’affole, la péridurale est posée mais mon col se dilate trop vite et ma tension vient de battre des records: je suis à 21 de tension et pour couronner le tout mon bébé ne supporte pas les contractions, son rythme cardiaque chute. C’est la panique dans la salle. Je suis entourée de plusieurs médecins et sages-femmes, ils réfléchissent, à quoi je ne sais pas, je suis occupée par mes contractions intenses que la péridurale n’a pas encore calmé.

Au bout d’un moment, on m’informe qu’ils vont faire une césarienne ils ne peuvent plus attendre. J’apprendrai plus tard qu’ils avaient clairement dit à mon conjoint que ce serait difficile de sauver la mère et l’enfant.

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Je me retrouve au bloc, avec des lumières qui m’éblouissent, j’ai la tête ailleurs, j’ai chaud mais surtout j’ai soif. On m’installe et encore une fois les médecins parlent entre eux et réfléchissent.

Finalement, au moment de passer à l’action, ils se rendent compte que le bébé s’est glissé dans mon bassin et qu’ils ne peuvent plus envisagé une césarienne. On m’explique comment pousser et on me donne le top départ.

J’y vais même si je ne sens plus la partie inférieure de mon corps. Ils ramènent des forceps et sortent le bébé rapidement. Un bébé qui ne pleure pas comme dans les films et surtout un bébé que l’on ne pose pas sur moi.

Ma fille a été blessé par les forceps au visage et elle est un peu secouée par l’accouchement, elle a besoin de soin rapidement. Notre rencontre attendra.

On me l’a ramène plus tard pour un bisou éclair et elle repart pour des soins. Nous ferons connaissance quelques heures plus tard en dehors du bloc opératoire, dans la salle de naissance où tout a commencé.

Mon bébé « Harry Potter » ( à cause de la cicatrice au front) était là en train de me dévisager avec ses petits yeux sombres.

 

J’étais maman et c’est tout ce qui comptait. Plus rien n’avait plus d’importance. Je venais de donner la vie et je me sentais comme un super-héros. J’étais une wonder woman. J’étais invincible. Je venais de donner la vie. De quoi aurais-je encore peur dans ma vie? J’avais des ailes, je pouvais voler. La nuit du 14 mai 2018 est inoubliable.

Je vous souhaite à toutes de vivre une expérience similaire.

Much love

No Home, Un livre à lire absolument !

No Home est un roman qui raconte le destin de deux sœurs ghanéennes Effia surnommée « la beauté » et Esi.
L’une épousera un Anglais vendeur d’esclave au Ghana et l’autre sera vendue comme esclave et envoyée en Amérique pour travailler dans les champs de coton.
C’est ainsi que débute ce qui sera le récit d’une énorme fresque familiale.
Ce roman est divisé en deux parties au sein desquelles nous pouvons assister à l’évolution des descendances de ces deux sœurs. D’une part la descendance d’Effia qui naîtra et grandira au Ghana comme des citoyens libres et d’autres part celle d’Esi qui connaîtra les fouets de l’esclavage puis la ségrégation raciale aux Etats-Unis.
Le décor est planté à vous découvrir le reste.
L’histoire s’étend du XVIIIe siècle à nos jours.

(quelle ambition !)

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Pourquoi lire ce livre ?
En partant de mon expérience de lectrice, je peux vous affirmer que c’est l’un des romans les plus riches que j’ai lu sur la question. Le choix audacieux que l’auteur fait, en choisissant de conter 250 ans d’histoires familiales, est un défi de taille pour un premier roman. Mais laissez-moi vous dire qu’à aucun moment vous allez vous ennuyer. Vos émotions et votre intellect seront en permanence sollicités. Nos convictions sont souvent questionnées. Ce livre est un plaidoyer en faveur du peuple noir, parce que bien que cette histoire se passe entre le Ghana et l’Amérique, elle concerne finalement tous ces noirs qui un jour ont été déporté à l’autre bout de la terre, loin de leurs racines, loin de leur culture et surtout loin des siens. Ce livre pointe du doigts la monstruosité de l’humain mais également notre capacité à rebondir et à aller de l’avant. C’est justement l’histoire de chacun des personnages : laisser derrière soi les blessures du passé pour avancer vers l’espoir d’un lendemain meilleur.

Les discours sont intenses, les personnages sont attachants. À certains passages, on a l’impression de ressentir la détresse d’un esclave pendant la traversée de l’océan vers l’Amérique. À d’autres endroits, l’on peut ressentir le sentiment d’appartenance et de fierté d’un Ashanti au sein de son village natal.
L’auteur sait manier les mots et nous introduit dans la profondeur de l’histoire du peuple noir d’Afrique, mais aussi d’Amérique.
Un standing ovation s’impose pour le talent de cette auteure. Je ne peux imaginer le travail colossal de recherche que cela a nécessité en amont.

 

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Ce que j’ai aimé :

    La profondeur des dialogues qui ont fait vibrer chaque corde de mon âme.
    Les prises de position de l’auteure.
    La dénonciation des inégalités raciales aux États-Unis.
    La pluralité des personnes aux destins diverses et complexes.
    Le fait que ce soit un roman engagé.

Ce que j’ai le moins aimé :

    La densité des personnages, on s’y perd parfois au début de chaque chapitre, il faut avancer dans le récit pour comprendre l’appartenance familiale du personnage. Heureusement qu’il y a un arbre généalogique inclus dans le livre.
    Les destins souvent tristes des protagonistes.

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L’auteure

Yaa Ngasi jeune afro-américaine se rend un jour au Ghana pour des vacances d’été et elle découvre le fort de Cap Coast et son histoire (lieu de séquestration et d’embarquement des esclaves). Cette découverte fait germer dans son imagination son tout premier roman « No Home » (Homegoing).
Yaa Ngasi est pourtant née au Ghana en 1989, mais elle s’installe à l’âge de deux ans aux Etats-Unis avec ses parents. C’est donc une parfaite afro-américaine qui connaît bien les réalités de son pays d’adoption, qu’elle va si bien peindre dans son premier roman.
Yaa Ngasi prend clairement position dans ce roman qui se veut engagé. Elle aborde des thèmes comme le racisme, les conséquences de l’esclavage et de la colonisation sur les pays africains, la condition sociale des Afro-américains, l’incarcération de masse des noirs aux Etats-Unis.
Au travers de ses écrits, l’auteure revendique son appartenance aux deux continents, l’Afrique et l’Amérique. Et on est ainsi balancé entre deux continents tout au long du récit.
Depuis la publication de son roman, l’écrivaine accumule les récompenses et la reconnaissance de ses pairs, selon le magazine Vogue elle fait partie de ces jeunes femmes qui réinventent le roman américain.
Pour terminer, le dernier personnage du roman est une parfaite réplique de l’auteure, comme si ce premier roman était au final un retour aux sources et une réconciliation avec ses origines africaines.
Je vous laisse découvrir cette pépite que j’ai adoré lire et j’espère qu’elle vous procurera également du plaisir.
PS: ce livre est disponible ici.
Much love.

Conversation féminine avec Vanessa Lemina.

Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir d’interviewer la pétillante Vanessa Lemina, fondatrice du concept « On mange quoi ce soir chou? ». D’ailleurs si vous ne connaissez pas encore son travail, je vous invite vivement à découvrir ses recettes alléchantes sur sa page Facebook et sur son compte Instagram.

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Crédit photo : On mange quoi ce soir chou ?

 

Avant d’être la créatrice du concept « On mange quoi ce soir chou », Vanessa est tout d’abord, une femme en accord avec son époque, qui a ses propres idéaux et sa propre philosophie sur la place qu’elle occupe dans la société. C’est dans cette optique que j’ai souhaité recueillir ses convictions féministes .

Je souhaite à travers ces interviews recueillir les visions des femmes de différents horizons, pour permettre à chacune de mes lectrices de pouvoir s’identifier et se reconnaître au travers de ses paroles de femmes. 

Quels sont les défis, auxquels tu es confrontée, aujourd’hui, en tant que femme ?

La vie est un défi, les choix que nous faisons également. Étant maman, j’ai dû revoir mon organisation et j’ai dû affronter mes peurs et mes doutes. J’essaye au quotidien de me focaliser uniquement sur mes objectifs sans me préoccuper du jugement des autres. Le dépassement de soi est l’un de mes crédos et tant que mon but ne sera pas atteint, je continuerai de me challenger sans relâche. 

 

Crédit photo : On mange quoi ce soir chou ?

 

Penses-tu qu’être une femme ambitieuse peut faire peur aux hommes ?   

Je dirai oui et non, cela dépend de tout un chacun. Je dirai plus que ça impressionne fortement, car il faut être à la hauteur.


Que veut dire pour toi le mot « féministe » ?

Une féministe est une militante pour l’égalité des sexes dans une société, où la place de la femme est le plus souvent sous-estimée. Je suis féministe dans le seul but d’améliorer le rôle et les droits de la femme pour son émancipation.


Peux-tu dire que tu es une féministe ?   

 Oui

 

Qui a été ton premier modèle féministe ?
J’en admire plusieurs, mais dans l’immédiat,  je dirai Rosa Parks. D’ailleurs, l’une de ses citations est devenue mon hymne : « Vous ne devez jamais avoir peur de ce que vous faites quand vous faites qui est juste ».

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Rosa Parks

Pourquoi le mot « féminisme » fait-il aussi peur aux hommes ?
Le féminisme donne à certains hommes la sensation de perdre le contrôle. Je présume qu’ils ont l’impression de ne pas être à la hauteur face à cette émancipation massive des femmes.
Il est important de noter que pour certains la place de la femme est dans la cuisine. (rire)

Les dogmes religieux prônent la soumission de la femme, penses-tu que le féminisme et la religion sont incompatibles ?

Oui, il ne faut pas être extrémiste au féminisme.

Chimamanda Ngozi Adichie figure emblématique de l’afro féminisme a dit ceci :   

  « Savoir cuisiner n’est pas une compétence pré-installée dans le vagin. Cuisiner s’apprend. Cuisiner, de même que les tâches domestiques en général, est une compétence de base qu’idéalement les hommes et les femmes devraient avoir. C’est également une compétence qui se refuse parfois aux hommes comme aux femmes.»

Qu’en penses-tu ?
Je suis de cet avis ! On ne naît pas homme ou femme,  on le devient ce qui signifie que la vie est un apprentissage. On fait le choix d’apprendre. La vie est une succession de choix qui fait l’homme ou la femme.

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Vanessa Lemina


Si jamais, tes filles pouvaient lire cette interview, quel message aurais-tu à leur transmettre ?
Le savoir est ton arme, rêve grand et sans limite.   Travaille dur pour y arriver !

Oui, tu peux le faire ! Ton indépendance sera ta liberté.